A l’heure où la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) est proche de sa signature, un conflit de priorités apparaît dans le développement des projets photovoltaïques (PV).

Côté acteurs énergétiques, la ressource rare est l’énergie : la priorité est à la taille : une centrale de plusieurs hectares au sol est plus rentable que plusieurs sur toiture, fussent-elles grandes ;

Côté aménagement du territoire, si l’on considère la ressource rare est le sol, et tous en conviennent aujourd’hui, il faut superposer les usages, et donner la priorité aux centrales sur toitures ou parkings.

A priori il n’y a pas de conflit entre PV au sol et PV sur toiture, sauf qu’une autre ressource s’avère rare aujourd’hui : l’accès aux postes de raccordement. Même si Enedis en construit ou fait construire beaucoup, ils sont aujourd’hui un facteur limitant du nombre de projets. A qui Enedis va-t-elle donner la priorité dans ces raccordements ? Une réponse devrait s’imposer : aux centrales sur toiture, car elles sont préférables dans la gestion du sol et la superposition des usages. Est-ce vraiment le cas ? Enedis et la PPE peuvent-elles garantir que les projets sur toiture auront toujours un accès prioritaire au raccordement?

Côté continuités écologiques, rappelons qu’une centrale PV, même si elle ne reçoit pas de pesticides, reste un terrain artificialisé, clôturé (même avec une certaine perméabilité), ombragé pour une large part, et qui ne peut à l’évidence pas prétendre à un statut de terrain naturel. Les continuités écologiques, réservoirs ou corridors, inscrites aux documents d’urbanisme ne devraient pas en accueillir !