Compte-rendu  de la conférence du 26 mars sur les alternatives aux pesticides pour les jardiniers

Compte-rendu de la conférence du 26 mars sur les alternatives aux pesticides pour les jardiniers

Dans le cadre de la Semaine des Alternatives aux Pesticides, Stéphane Pérennès, Directeur de la MFR de Gron a invité les membres du Ruban Vert à une conférence-débat. Une vingtaine de personnes étaient présentes, et la réunion a duré toute la matinée, avec un échange nourri de questions et réponses, de problèmes de jardinage et de solutions.

Stéphane Pérennès, fils de paysans bretons, a d’abord passé la première partie de sa carrière dans l’Education Nationale. Il est maintenant directeur de la MFR de Gron (école d’horticulture). Il est aussi Maire de Gron, et Vice-Président de la Communauté d’Agglomération du Grand Sénonais en charge de la biodiversité : ZNIEFF, Natura 2000, Parcs & jardins.

En tant qu’élu, il applique nombre des méthodes ci-dessous aux parcs et jardins dont il a la responsabilité.

Les maladies des plantes

Les taches noires des rosiers : souvent, il s’agit de rosiers trop fragiles, qui ne supportent pas l’humidité et la chaleur. Une fois les feuilles tombées, il ne faut pas les mettre au compost, mais les brûler. La bouillie bordelaise, ou une bouillie à base de potasse, meut être une solution préventive. Le mieux quand on plante des rosiers dans notre région est de s’assurer que le porte-greffe est bien adapté au climat ; le porte-greffe Rosa Canina est le mieux adapté.

L’oïdium : diluer 1dl de lait dans 1l eau ; on peut aussi utiliser une bouillie bordelaise ou un autre produit naturel à base de cuivre ; Le mildiou : c’est une maladie de l’humidité. Une première solutions pour les tomates ou pommes de terre est d’espacer les rangs et de les mettre dans le sens du vent, de créer une ventilation naturelle qui réduit le risque. Pour les tomates, les hybrides F1 sont rendues moins sensibles au mildiou. On peut aussi couvrir les plants de tomates et les mettre sous abri, de façon à leur éviter la pluie. La moniliose des poires : (taches brunes et moisissures au centre de la tache) : couper et brûler les fruits atteints. Le chancre des arbres fruitiers : (boursouflure autour d’un trou dans l’écorce). On peut badigeonner à la pâte cicatrisante grasse. La tavelure des pommes ou poires : pas grave, les fruits sont tout-à-fait mangeables ; La chlorose : la feuille pâlit, la nervure reste verte, signe de carence en fer ou magnésium ; on peut en ajouter ; si la nervure est aussi jaunie, il s’agit plutôt d’une carence en azote, et on peut donc ajouter un engrais azoté. La mousse des toitures : on peut éviter la formation de mousse en mettant un fil de cuivre tout le long de la faîtière.

Les parasites des jardins

Chenilles processionnaires : on peut les brûler au moment où elles descendent des arbres (en cette saison) ; en alternative, la société PEV à Gron sait les détruire grâce à des bactéries qu’elle pulvérise sur les cocons. Acariens : on les repère par la présence de toutes petites toiles d’araignées ; comme toutes les araignées, ils aiment les endroits secs ; on peut les mouiller d’un mélange savon noir-citron- huile-vinaigre blanc et eau. Taupin : une espèce de ver marron, un peu articulé ; en fait il s’agit du ver d’un coléoptère, très invasif. Aucun produit chimique ne permet de s’en débarrasser ; on peut les attirer-piéger avec des pommes de terre coupées, puis brûler tous ceux qui s’y sont rassemblés. Rôle des rosiers : de par leur fragilité, les rosiers sont de bons indicateurs de la présence de parasite avant qu’ils n’atteignent les vignes. Doryphores des pommes de terre : mettre des rangs de lin au milieu des rangs de pommes de terre réduit le risque, le lin est un répulsif naturel. Limaces : les nématodes (petits vers) sont des prédateurs naturels des limaces. Pucerons : les coccinelles sont les meilleurs prédateurs naturels. On peut aussi éliminer ou réduire les fourmis qui font des élevages de pucerons, cela réduira les pucerons.

Quelques traitements

On peut se débarrasser de nombreux parasites par des huiles essentielles : huile d’oranger du Mexique, de lavande, … Faire des décoctions de ces plantes permet déjà certains traitements préventifs. Purin d’ortie : on en fait un engrais en le laissant macérer 15 à 20 jours ; on en fait un anti-parasite en le laissant macérer un peu plus longtemps. Dosage : Que ce soit pour mettre des produits biologiques ou des produits chimiques, il est essentiel de n’en mettre que la dose strictement nécessaire. On peut en général diviser les doses indiquées par 3. Il est de toutes façons essentiel d’étalonner son pulvérisateur pour gérer les doses, c’est à dire mesurer combien on met de volume par m2 et par minute : mettre 1 litre dans le pulvérisateur, pulvériser à vitesse normale, et mesurer la surface arrosée et le temps mis pour cela. On saura ensuite précisément doser pour traiter la surface voulue.

Voir www.biotop.fr pour d’autres questions, réponses, traitements, etc.

Désherbage

On peut se passer de désherbant chimique et néanmoins désherber par diverses méthodes :

  • Binette et sarclette
  • Chalumeau
  • Sous des gravillons, on peut mettre un géotextile et on n’a plus qu’à griffer régulièrement
  • Un bouillon de pommes de terre (régulièrement) peut avoir un effet certain

Compte tenu du caractère interactif de la discussion, ce compte-rendu n’est pas des plus ordonnés et n’est en tout cas exhaustif ! Stéphane Pérennès a également montré de nombreuses images des maladies, parasites, etc, fort utiles aux participants, ainsi que quelques conseils plus personnalisés. L’objectif est en tout cas de donner envie à tous de participer aux prochaines éditions !    

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Objectif zéro pesticide dans nos villes et nos villages

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